Historique

Illustration de l'historique du Préau

Le Centre Dramatique National Enfance et Jeunesse de Basse-Normandie est créé en 1978 par Yves Graffey, alors directeur du « Gros Caillou » à Caen. En 1992, Éric de Dadelsen lui succède et fonde le « Théâtre du Préau », installé à Caen jusqu’en 1994. En 1995, à l’initiative de Jean-Yves Cousin, Député-Maire de Vire, le Préau s’installe à Vire dans un nouveau théâtre conçu par l’architecte Jean-Jacques Morisseau et inauguré en 1996. Éric de Dadelsen y affirme sa vocation de lieu de création et de diffusion, avec une attention particulière portée à l’enfance et à la jeunesse.

Au fil des années, le Préau change de statut : CDNJP (Centre Dramatique National pour le Jeune Public) en 1995, ENPDA (Établissement National de Production et de Diffusion Artistique) en 2002, puis Centre Dramatique Régional de Basse-Normandie en 2006, avant de devenir Centre Dramatique National en 2017.

De 2009 à 2018, Pauline Sales et Vincent Garanger placent la création et les écritures contemporaines au cœur du Préau, avec des commandes aux auteurs et metteurs en scène et une troupe permanente de comédiens présente sur les dix ans du mandat. Ils développent une présence artistique au plus près du Bocage et approfondissent la mission du Pôle national de ressources du spectacle vivant en milieu rural (PNR), faisant de l’itinérance une véritable politique de «décentralisation de la décentralisation». La jeunesse devient un axe majeur de leur projet avec la création, dès 2009, du Festival ADO : dix jours de spectacles, de créations participatives et de rendez-vous festifs pensés par, avec et pour les adolescents.

De 2019 à 2025, Lucie Berelowitsch inscrit son projet dans cette continuité tout en ouvrant le Préau à de nouvelles esthétiques et collaborations. Elle affirme des formes grand plateau et donne une place importante au théâtre musical et aux croisements disciplinaires, avec une attention particulière à la création féminine. Elle crée également Les Feux de Vire, un festival intergénérationnel de 3 jours entre Noël et le jour de l’an. Son parcours nourrit également une forte ouverture internationale, notamment à travers les langues et les collaborations européennes ; le Festival ADO devient À VIF et s’ouvre à l’Europe. Cette dimension prend une résonance particulière avec l’accueil et l’accompagnement en 2022 des artistes ukrainiennes les Dakh Daughters, avec lesquelles elle poursuit un travail artistique.

Depuis janvier 2026, Charlotte Lagrange poursuit cette histoire en faisant du Préau un théâtre populaire, ouvert à tous, à l’image du nom du Préau qu’elle imagine comme un lieu où l’on peut se retrouver, se réfugier, regarder le monde et partager un moment de convivialité. Son projet repose sur un équilibre entre deux manières d’aller à la rencontre des publics : le grand plateau propice aux grandes formes fédératrices et pluridisciplinaires, et une programmation hors les murs avec des créations pensées spécifiquement pour l’itinérance et dont les habitants deviennent partie prenante. Les Mercredis et Samedis du Préau, journées gratuites de festivités autour des spectacles, renforcent cette volonté de faire du théâtre un lieu de vie et de rencontres. Avec une troupe permanente et sept artistes associés, elle poursuit également l’attention portée aux écritures contemporaines et à la jeunesse. Le Festival ADO s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en donnant aux jeunes une place active dans la vie du théâtre et en ouvrant davantage le Festival sur la ville.

Depuis sa création, le Préau n’a ainsi cessé de faire évoluer son projet en lien avec son territoire, affirmant au fil de ses directions une même ambition : faire de la création artistique un espace de rencontre entre les artistes, les habitants et les générations.

Dans son immense coque de cuivre oxydé aux reflets verts futuristes, posée là en plein cœur d’une petite ville, le Théâtre du Préau est un lieu hors norme. Après avoir franchi sa verrière et son hall, on découvre la magnifique charpente de bois et une salle aux dimensions inattendues, dignes des plus grandes scènes.

Ce Centre Dramatique National en plein territoire rural est une utopie devenue réalité. Ce lieu à l’architecture spectaculaire, partagé avec le cinéma Le Basselin, célèbre cette année ses 30 ans !